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Mars 2026 : Gianpiero Corrado
A Ecublens, certains engagements commencent modestement puis deviennent une part essentielle d’une vie. C’est le cas de Gianpiero Corrado, figure incontournable du FC Ecublens depuis plus de vingt ans. « Parce que j’aime la Commune », résume-t-il. Pour lui, s’engager, c’est être présent lorsque la Commune ou le club en ont besoin.
Son parcours dans le bénévolat a débuté presque par hasard. Nommé vice-président il y a deux décennies, il prend finalement la présidence faute de candidat. « Personne ne voulait, alors je me suis proposé. » Depuis, il met son énergie au service du club : entraînements, matches, organisation, buvette. « Gérer un club de foot, ce n’est pas facile. On est moins de quatre pour tout faire. »
Aujourd’hui à la retraite, il consacre encore plus de temps à ce rôle devenu naturel. Certaines expériences l’ont marqué, notamment le 75e anniversaire du club en 2008. Malgré la pluie, le public était au rendez-vous : « Il a tellement plu qu’il a fallu mettre des copeaux au dernier moment. Mais il y avait du monde. »
Il évoque aussi la venue exceptionnelle de l’équipe nationale italienne ou la finale de la Coupe vaudoise, entourée d’une foule impressionnante. Ce sont ces moments collectifs, vibrants, qui restent gravés.
Ce que le club lui apporte ? Surtout des liens humains. A la buvette, cœur du club, les nouveaux joueurs s’intègrent facilement. « Chaque année il y a des nouveaux joueurs, et on apprend à les connaître. »
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Février 2026 : Emmanuele De Allegri
Emmanuele et Philippe sont deux participants actifs du projet La Plaine Evolue, une initiative qui invite les habitants d'Ecublens à exprimer leurs besoins et attentes à travers des ateliers participatifs. Bien qu'ils abordent l'engagement de manière différente, leur participation à ce projet reflète un désir commun de rendre leur environnement plus vivant et plus solidaire.
Emmanuele privilégie les actions concrètes et locales. Lors des ateliers de La Plaine Evolue, elle participe pour faire entendre ses attentes personnelles, mais aussi celles des autres, en particulier sur des initiatives comme les ateliers de jardinage et plus globalement les événements qui concernent la jeunesse. Pour elle, l'engagement doit être avant tout une source de plaisir et de convivialité. « J’aime aider à mon échelle, que ce soit pour le festival de la Salamandre ou le marché de Noël à Morges. Ce sont des projets qui me correspondent », explique-t-elle. Son bénévolat est aussi une manière de se reconnecter avec sa communauté et de donner un sens à son temps libre. Bien que ses actions soient modestes, elles renforcent un lien social qu'elle chérit profondément.
Philippe, bien qu’il reconnaisse la valeur du projet de La Plaine Evolue, il reste sceptique quant à l'impact réel des initiatives participatives : « On nous donne la parole, mais je n’ai pas l’impression que ça change vraiment les choses. » Il préfère s’investir dans des projets plus concrets, comme ceux du festival de la Salamandre ou la sécurité lors du Tour du Pays de Vaud. Bien qu’il apprécie la démarche participative, il recherche des actions plus directes et moins politisées, qui, selon lui, apportent des résultats tangibles.
Tous deux s’accordent sur un point : la démocratie locale est un équilibre fragile, et s’engager est une manière de participer à son amélioration, même si, parfois, les résultats semblent lents à venir. Emmanuele et Philippe prouvent, chacun à leur manière, que l’engagement local peut prendre de nombreuses formes, mais qu’il reste essentiel pour faire vivre et faire évoluer la Commune.
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Janvier 2026 : Giusi Passaro
Giusi Passaro s’est engagée dès 2017 au sein de la jeunesse d'Ecublens, un groupe qui lui a permis de s’intégrer et de participer activement à la vie locale.
Son engagement a pris une ampleur particulière avec l’organisation du Rallye, une grande manifestation de la Jeunesse qui a lieu tous les ans et rassemble des dizaines de jeunes autour d’un projet commun. « C’était vraiment super et ça nous a tous beaucoup unis », se souvient-elle. Après cette expérience, elle a intégré le comité de la Jeunesse, occupant divers postes, dont celui de vice-présidente, avant de devenir présidente.
Pendant toutes ces années, la Jeunesse d'Ecublens a organisé des événements populaires comme des tournois de pétanque, des marchés de Noël, ou des soupers de soutien. Ces moments de rassemblement ont permis de maintenir une dynamique vivante dans la commune. « Avec cet argent, on est partis en voyage, c’est pour faire des activités entre nous qu’on fait ça. » Ces moments de partage ont aussi renforcé les liens avec la commune en soutenant des événements comme le 1er août ou la fête de la paroisse. « C’est du donnant-donnant, toi tu viens chez moi et moi je viens chez toi. »
Malheureusement, la Jeunesse d'Ecublens a cessé ses activités cette année. « Actuellement, on est 6, mais le maximum que j’ai connu, on était 25 », explique Giusi. Mais elle reste déterminée à maintenir l’esprit d'engagement en créant une amicale pour les anciens membres. « Même si la Jeunesse d’Ecublens ferme, on compte ouvrir une amicale. »
Pour Giusi, l’engagement commence par la curiosité : « D’abord observer, puis s’engager, être curieux. » Elle considère l’engagement comme un moyen de créer des liens et de renforcer la cohésion sociale. « Ce qui fait la richesse de la démocratie, c’est qu’on soit finalement tous différents, mais tous unis. »
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Décembre 2025 : Isabelle et Ivo de Benedictis
A Ecublens, Isabelle et Ivo sont des figures incontournables de l’engagement citoyen, particulièrement actifs dans le football et la gestion de la patinoire. « On a commencé en 1997, d’abord pour le foot », explique Ivo. Leur engagement a pris un tournant lorsqu'ils ont été sollicités pour prendre en charge la patinoire. « J’ai dû aller à Nyon une semaine pour faire des cours pour gérer la patinoire », raconte-t-il. Avec les années, Isabelle et Ivo ont observé un changement dans l’implication des parents au football. « Les parents ils suivaient, maintenant ils arrivent le samedi matin, déposent les gamins et repartent faire les commissions », regrette Ivo. Ce manque de présence a affecté la fréquentation de la buvette, autrefois un lieu de rencontre animé. A l'inverse, l’atmosphère à la patinoire est toujours conviviale. Le week-end, la buvette est pleine de parents et d'enfants, tous réunis pour patiner et partager un moment agréable. « Ce qui nous plaît, c’est l’ensemble de l’expérience, le contact avec les gens, le plaisir de les voir heureux », se réjouit Isabelle. Leur investissement considérable, peut être présenté comme du bénévolat. Mais pour eux, l’essentiel reste le plaisir : « On le fait par plaisir », conclut Isabelle. Voir les gens heureux et profiter de ces moments de convivialité est ce qui les motive à continuer. « On a toujours eu des liens avec la commune, c’est ce qui nous pousse à continuer », ajoute Ivo, fier de contribuer à la vie locale.
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Novembre 2025 : Lila Boudjeltia
A Ecublens, certaines personnes font vivre la solidarité locale avec une telle générosité que leur engagement semble presque naturel. Cette habitante en fait partie. Depuis son arrivée en Suisse, elle multiplie les gestes concrets pour aider ceux qui en ont besoin : cuisine solidaire, aide aux devoirs, soutien aux personnes âgées, distribution de repas, organisation de sorties conviviales. « J’ai grandi dans une culture du partage. Chez nous, quand quelqu’un toque à la porte, il partage le repas avec nous, sans qu’on ait besoin d’inviter. »
Pendant le COVID, elle publiait sur les réseaux sociaux pour proposer ses repas aux étudiants isolés. Elle faisait aussi les courses pour des aînées du quartier. Son engagement s’est ensuite structuré à travers l’association Vaud Human Solidarity, qui prépare des repas complets pour les sans-abris de la région. « Ce sont des gens comme nous. Une fois qu’on tend la main, des liens se créent. Ils nous racontent leur histoire, leur parcours. Ça me touche profondément. »
Son action ne s’arrête pas là. Avec l’association Récolte toi, elle transforme des fruits en confitures et compotes qu’elle redistribue à ceux qui en ont besoin. Elle organise aussi des moments conviviaux avec des femmes seules ou âgées, qu’elle invite à sortir, marcher ou simplement partager un moment ensemble.
Son engagement est aussi un héritage : « Mes parents et mes grands-parents ont toujours aidé autour d’eux. C’est une manière de maintenir ce lien avec eux, de continuer ce qu’ils ont commencé. » Des valeurs qu’elle continue à transmettre à son fils. « On peut hériter d’argent ou de savoir, mais aussi de cette envie de donner de son temps. »
Ce qu’elle en retire ? « Que du bonheur. » Pour elle, donner, c’est s’enrichir. « Ce n’est pas une citation, je peux en témoigner. Je donne, et je reçois autrement. C’est comme un compte épargne invisible. »
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Octobre 2025 : Nemanja Momcilovic
A Ecublens, ce jeune homme s’engage depuis plusieurs années au sein du Conseil des jeunes, qu’il préside aujourd’hui. Son implication a débuté par une volonté de lutter contre le sexisme et le racisme. Depuis, son engagement s’est élargi : il agit désormais pour rendre la commune plus vivante et encourager d’autres jeunes à y prendre part.
Son action a aussi contribué à faire connaître Ecublens au-delà de la commune, notamment lors des rencontres entre conseils de jeunes de Suisse romande. « Au début, personne ne connaissait Ecublens. Aujourd’hui, on sait qui on est. »
Mais recruter de nouveaux membres reste difficile. « On tente de s’investir en organisant des événements pour attirer des jeunes et d’abord faire connaître Ecublens, mais ça fait deux ans qu’on tente et ça ne fonctionne pas », confie-t-il. Il espère montrer qu’il est possible de trouver des activités et de s’engager sans devoir aller jusqu’à Lausanne.
Ce qu’il apprécie le plus dans le bénévolat, c’est le lien humain. « J’ai toujours adoré donner un coup de main et faire connaissance avec des personnes. Pendant les constructions des structures éphémères d’Epenex et celles devant le Centre de jeunes, ça a toujours été un moment où on pouvait s’amuser, se faire connaître, discuter avec de nouvelles personnes. »
Il espère que de futurs projets, notamment autour du Centre des jeunes, permettront de motiver davantage la jeunesse locale. « Si on arrive à créer des infrastructures où les jeunes peuvent participer, ça pourrait vraiment motiver plus de jeunes à s’engager. Et ça leur montre qu’il y a des choses qui se font pour eux. C’est leur futur ici, à Ecublens. »
Pour lui, s’engager ne doit pas être une contrainte, mais une opportunité accessible à tous : « Il suffit d’essayer une fois pour voir si ça plaît. Le bénévolat, c’est avant tout l’occasion de créer des liens et de s’amuser. » Son parcours montre que pour encourager l’implication des jeunes, il faut leur donner leur place, écouter leurs besoins et leur montrer qu’ils peuvent agir concrètement pour leur commune. La motivation, la convivialité et le sentiment d’appartenance restent les clés pour construire, avec eux, l’avenir d’Ecublens.
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Septembre 2025 : Eliane Peter Graf
Parmi les habitants qui font vivre Ecublens, cette femme se distingue par la constance et la diversité de ses engagements bénévoles : ludothèque, bibliothèque, associations locales, aide ponctuelle lors d’événements. Depuis sa retraite, elle répond toujours présente lorsqu’un coup de main est nécessaire. Une présence discrète mais essentielle au cœur de la commune.
Son engagement s’inscrit dans une tradition familiale inspirante. Elle se souvient avec admiration de sa grand-maman paternelle, très active dans le bénévolat, ainsi que de son père, accordéoniste, qui contribuait lui aussi à sa manière. « C’est devenu naturel », dit-elle simplement. Cette transmission lui a donné envie de s’investir pour « soulager et aider les gens ».
Ce qu’elle apprécie avant tout, c’est le lien humain et l’ambiance conviviale : « On n’est pas tout seul, on est intégré. Et c’est une évasion saine, une manière de sortir de chez soi et de penser à autre chose. » Pour elle, le bénévolat est aussi une manière de rendre à la commune : « Quand une commune s’investit autant pour sa population, je trouve que c’est bien de pouvoir donner un peu de son temps en retour. »
Elle invite chacun à franchir le pas en soulignant que « une fois qu’on a essayé, ça devient naturel », et encourage à choisir une activité selon ses envies. Pour elle, le bénévolat est une expression de démocratie, une « liberté de choisir ou non » de s’engager, dans un esprit de solidarité.
A travers son parcours, elle montre qu’il est possible de s’investir à sa manière, selon ses moyens et son rythme, tout en contribuant au dynamisme et à la cohésion de la vie locale.
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